Interview avec les deux fondatrices de kaio swim | Musablog – Musacé

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"Il n’y a pas de guide tout fait pour lancer son entreprise" : rencontre avec deux entrepreneuses

The two founders of kaio swim.

 

Joanna et Chollada sont les deux fondatrices de kaio swim, une jeune marque suisse de maillots de bain durables. Ce sont deux femmes qui ont décidé de passer à l’action en faisant de leur passion leur travail. Elles sont entrepreneuses, mamans et surtout passionnées de mode, de développement durable et de sports aquatiques.

Dans cette interview, vous allez découvrir comment elles sont arrivées à se faire une place dans le milieu si convoité de la mode et à apprendre sur le terrain, tout en venant d’un milieu totalement étranger à la mode.

Tout d’abord, pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours ?

A woman wearing a one piece swimsuit.

Joanna : Titulaire d’un doctorat en immunologie à l’école polytechnique de Zurich, j’ai d’abord travaillé dans le département du développement durable chez Holcim, le géant suisse du ciment. Quel lien avec les maillots de bain durables ? Pas grand-chose mis à part la durabilité. Chez Holcim, j’ai beaucoup appris sur les sujets tels que le changement climatique, la RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises), les droits humains, etc. Cette expérience m’a beaucoup formée et m’aide au quotidien à penser tous les sujets de développement durable chez kaio swim.

J’ai quitté mon travail à la naissance de mon fils car je voulais exercer un métier plus pratique et me sentir plus à ma place. J’avais toujours beaucoup aimé la mode et l’écriture, j’ai donc décidé de suivre un an de formation à l’école suisse du textile STF à Zurich. J’y ai beaucoup appris, de la création de patrons à l’apprentissage de la couture. Cette formation m’a donné les bases techniques et la confiance pour entrer dans le monde de la mode.

 

Chollada : J’ai obtenu un bachelor d’ingénieur civil, mais sans grande conviction. J’étais plus attirée par le marketing et le développement commercial. J’ai commencé à travailler pour Holcim à Bangkok, d’abord en tant qu’ingénieure dans l’équipe marketing, puis en tant que business analyst dans le département ventes et marketing. En 2013, j’ai été mutée en Suisse par Holcim.

En 2017, j’ai quitté mon poste car je voulais faire la différence et voir le résultat de mes actions, ce qui est très difficile dans une grande entreprise. En 2018, j’ai commencé à travailler sur kaio swim à plein temps, puis un an plus tard j’ai rejoint une autre entreprise en parallèle pour avoir une autre source de revenus.

Comment vous est venue l’idée de créer des maillots de bain ?

C : Nous sommes toutes les deux des amoureuses de l’eau. Joanna adore la plongée en apnée et la natation, quant à moi, ayant grandi en Thaïlande, j’ai passé beaucoup de mon temps au bord de l’eau.

Qu’est-ce qui vous a poussé à construire ce projet ensemble ?

J : Au départ, nous ne nous connaissions pas mais nous avions étonnamment le même projet en tête : celui de créer des maillots de bain durables. Nous travaillions dans la même entreprise et habitions à 20 minutes l’une de l’autre sans le savoir. Nous avons une amie en commun qui était au courant de nos projets respectifs et a décidé de nous mettre en contact l’une avec l’autre. Nous nous sommes rencontrées et le contact est passé tout de suite ! Le projet de Chollada était un peu plus avancé que le mien à ce stade, je l’ai donc rejointe sur son projet. Nous avons lancé kaio swim en juin 2018 après un an de travail.

Pensez-vous qu’il est mieux de lancer son entreprise seule ou à deux ?

A woman from the back with a blue swimsuit.

J : D’avoir lancé kaio swim toutes les deux est certainement la meilleure décision que nous ayons prise. En étant entrepreneur, on peut parfois se sentir isolé. Avoir un co-fondateur sur qui compter est à mon sens très bénéfique, surtout pour valider ses idées. Nous prenons toutes nos décisions ensemble, et confronter nos points de vue nous a permis d’éviter bien des erreurs de parcours.

 

C : Si j’avais continué mon projet seule, nous n’en serions pas là aujourd’hui. Nous sommes très complémentaires et avons été chanceuses de se rencontrer au bon moment. Si je peux te donner un conseil, ne fonce pas tête baissée avec quelqu’un que tu ne connais pas. Avant de nous lancer à deux, nous avons participé à un atelier sur le cofounding et avons pris le temps de nous connaître d’abord. Trouver un associé, c’est finalement un peu comme trouver un petit ami !

Se lancer dans la mode sans être du milieu, c’est possible ?

A woman wearing a light green swimsuit.

C : Je n’avais aucune expérience dans la mode ou le textile quand je me suis lancée. Mon envie et ma motivation étaient très fortes, et je pense que c’est déjà la base de la réussite. Au départ on a l’impression que ça ne mène à rien mais le puzzle se construit doucement mais sûrement. Il n’y a pas de guide tout fait pour lancer son entreprise, j’ai dû chercher par moi-même pour trouver les solutions. En tout cas, sache qu’il n’y a jamais une façon de faire, tu dois juste trouver la tienne.

Ceci dit, ce n’est pas facile de se lancer sans aucun contact ni expérience. J’avais aussi peur de ne pas être légitime. D’avoir rencontré Joanna m’a beaucoup rassurée. Je pense qu’il est important de s’entourer des bonnes personnes et de demander de l’aide quand c’est nécessaire.

A quoi ressemblent vos journées ?

C : Nous travaillons toutes les deux à temps partiel pour kaio swim. On essaye de trouver un équilibre entre nos vies de mamans et nos vies professionnelles. Pas toujours facile de gérer les deux en même temps ! L’avantage d’être toutes les deux très occupées c’est que nous sommes très efficaces dans les prises de décisions.

Comment vous répartissez-vous le travail ?

J : Nous avons une entreprise avec une activité très saisonnière. L’été, nous sommes plus dans l’action (communication, ventes), alors qu’en hiver, nous sommes plus dans la réflexion (stratégie, développement des collections, collaborations).

Nous faisons tout nous-mêmes mais nous nous partageons les tâches. Chollada s’occupe plus de l’image de marque et de la communication alors que je m’occupe plus du développement produit et de la durabilité.

Quelle est la chose qui vous rend les plus fières avec kaio swim ?

J : Je suis fière de nous deux et de ce que nous sommes aujourd’hui. Nous sommes mamans et travaillons sur un projet bien accueilli et qui nous passionne.  

 

C : Pour moi c’est aussi le parcours dans son ensemble. Le chemin n’est pas facile tous les jours, il y a des hauts et des bas, mais nous en sommes arrivées là toutes les deux.

Quel est le meilleur conseil que vous pourriez donner à quelqu’un qui voudrait lancer son entreprise ?

A woman from the back with a dark blue swimsuit.

J : Avant je pensais que tout devait être parfait pour pouvoir se lancer. Je m’occupais aussi beaucoup des autres : mon idée existe-t-elle déjà ? Mon conseil serait donc de ne pas trop se comparer aux autres et de ne pas trop regarder ce qui se fait déjà en scrollant indéfiniment son Instagram.

Oui, il y a de fortes chances que ton idée se fasse déjà, à moins de créer une innovation qui va révolutionner le monde. Il faut juste que tu le fasses à ta manière (sans copier bien sûr), avec ta créativité, ton univers et tes spécificités. Et puis, tu ne sais pas si ces projets concurrents sont des réussites. Si ce projet te fait vibrer, crois en ton instinct et lance-toi !

 

C : Je suis d’accord avec Joanna, il faut se faire confiance. « Just do it » comme le dit si bien Nike. Oui, il faut se lancer pour savoir si c’est une bonne idée, mais fais-le en minimisant les risques. Si tu es à deux doigts de te lancer, prends quelques instants de réflexion pour penser aux conséquences. Au final, ta décision doit être un équilibre entre l’action et l’analyse. Sois courageux mais pas inconscient.

On m’a dit un jour, « n’ai pas peur de l’échec parce qu’il arrivera dans tous les cas ». Si tu ne fais rien, il ne se passera rien. Rien de mauvais mais rien de bon non plus. Ça fait partie du jeu ! Tu vas faire des erreurs, et ce n’est pas grave, mais il faut en tirer des apprentissages pour ne pas les refaire deux fois.

Comment la crise du Covid a-t-elle affecté votre entreprise ?

J : La crise du Covid est arrivée pendant notre deuxième saison, il n’est donc pas évident de tirer des conclusions. Ce qui est sûr c’est que nous avons raté des occasions de rencontrer nos clientes. Dans l’ensemble, nous avons quand même été relativement épargnées car la situation s’était assouplie l’été dernier en Suisse avec la réouverture des magasins durant notre haute saison.

Pensez-vous qu’il y ait une différence entre être entrepreneur et entrepreneuse ?

C : Dans notre milieu, nous n’avons pas noté de différence particulière, et tant mieux ! Nous voyons beaucoup de respect et de soutien dans notre vie d’entrepreneuses. Nous ne pouvons bien sûr pas généraliser, mais nous nous sentons particulièrement chanceuses de baigner dans cet environnement positif et bienveillant. Nous sommes entourées au quotidien de femmes (photographes, modèles, concurrents, etc.) qui montrent beaucoup de soutien et de respect.

 

Vous pouvez découvrir leurs maillots de bain sur le site internet kaioswim.com.

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